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L’esprit Y surf sur le green

Conversation blue-green – Et si le surf devenait le symbole de la révolution durable conduite par la génération Y?

Aux débuts d’internet et de notre adolescence, nous nous différenciions déjà de nos ainés par notre capacité à surfer sur la toile. Tandis que nous grandissions et intégrions les rédactions des magazines et autres blogs chargés de nos anglicismes, nous usâmes et abusâmes des expressions hyper branchées type surfer sur la tendance, surfer sur la vague, surfer sur le mode.

Ces termes sont devenus quelque peu obsolètes mais le caractère de liberté et de résilience de nos chères planches demeure représentatif de la rébellion tranquille qui caractérise à la fois notre génération et le concept de durabilité.

Nous sommes par exemple la génération du couchsurfing, une pratique typiquement Y, participative et débrouillarde, qui challengea tout en douceur les géants de l’hôtellerie classique contraints de se réinventer pour maintenir leur compétitivité dans la nouvelle économie du partage.

Mais le surf est également lié à l’un des business models les plus innovants de ces dernières années et imaginé par l’aventurier businessman Yvon Chouinard. Dans Let my people go surfing, l’entrepreneur grimpeur décrit la philosophie atypique de Patagonia, l’entreprise green et responsable par excellence. La renommée mondiale de la marque de vêtement aux employés surfeurs prouve une fois encore que durabilité peut rimer avec succès de marché pourvu que l’on parvienne, comme en surf, à sublimer la simplicité et à utiliser l’énergie des éléments à bon escient (lire l’entretien de The Usual, Don of the Dirtbags: An Interview with Yvon Chouinard).

by Kenny Brightman III from Lion+Panda

Peu à peu, même les marques historiques ont compris le pouvoir du surfing et n’hésitent plus à s’en approprier les codes pour séduire consommateurs Y et autres Millenials, comme nous appellent les anglo-saxons. En 2015, Chanel fit par exemple surfer Gisèle sur une planche siglée à son effigie, poursuivant ainsi son effort pour moderniser N°5 à travers des spots publicitaires inattendus.

Récupéré par les marques comme atout séduction, notre cher surf n’en conserve pas moins son caractère simplement innovant, sobre et fun à la fois.

Récemment, les scientifiques et surfeurs Dr. Andrew Stern et Ben Thompson ont imaginé le projet SmartFin, un aileron de surfboard équipé de capteurs intelligents. Face à la méconnaissance et à l’immensité de nos océans, le surf se révèle un formidable outil utilisable par tous les passionnés du monde pour la collecte de données en zones difficiles d’accès. Nous permettre de contribuer au progrès scientifique et à la préservation de l’environnement marin tout en pratiquant notre passion, voilà ce que l’on appelle de l’innovation responsable en faveur des loisirs intelligents!

Puisque la feuille et l’arbre ont manifestement échoué dans leur rôle de symbole mobilisateur pour la révolution durable, remplaçons donc les représentations végétales par l’imaginaire iodé du surfing et enracinons sans attendre sa philosophie d’agilité au cœur de nos mentalités, de nos loisirs, de nos business et de nos villes pour qu’elle devienne la nouvelle tendance à surfer.

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Glamouriser la ville

Innovation locale – Si notre génération d’Y français n’avait qu’un défi à relever, ce serait celui de glamouriser la ville en privilégiant deux axes par le biais des NTIC : la communication et les services intelligents.

Difficile de s’enflammer à l’évocation des termes « collectivité locale », « conseil de quartier » ou « redynamisation du territoire ou décentralisation ». Difficile de s’engager sous le coup d’une poussée de citoyenneté en l’absence de moyens dédiés. La ville française, handicapée par un délit de salle gueule sémantique, un talent pour la connectivité discutable et une communication exclusivement électorale peine à se renouveler, à susciter l’engagement et à faire rêver tout en facilitant la vie quotidienne des habitants de tous âges.

Et pourtant, il s’agit bien de reconnecter nos villes avec un rêve et de réinventer la notion de service aux habitants pour créer le cadre de l’évolution positive. Imaginer une ville qui se transforme avec vous, une ville digitalisée avec laquelle vous pourriez communiquer sur tous sujets par le biais de votre smartphone. Imaginer une ville qui se nourrirait de vos propositions et jouerait son rôle de connecteur d’idées et de gens pour éradiquer les solitudes improductives. Imaginez une ville qui prendrait soin d’elle et de son architecture pour convaincre, attirer et plaire dans toute l’expression de son ingéniosité et de sa beauté. Imaginez une ville dont les plateformes de communication se révéleraient aussi captivantes que votre magazine ou website préféré.
Elle n’est pas loin cette ville là, nous avons les moyens, nous avons les technologies. Reste à avoir l’envie.

Si le local ne vous parle guère, imaginez un territoire français ponctué de villes et de villages aux caractères singuliers et complémentaires qui offriraient une diversité non seulement de paysages et d’histoires mais aussi une diversité de fonctions dans un système national renforcé. Et si d’est en ouest et du nord au sud naissaient des feux de créativités plus ou moins grands qui, une fois reliés, formeraient une France rayonnant au-delà des frontières, forte de ses différences et de ses spécificités. Et si nous modernisions la notion de terroir, la sortions des paniers en osier pour évoquer la notion de terroirs digitaux, de patrimoines des savoir-faire, de communes d’innovation sociétale. La France est assez riche et les Français assez innovants pour abandonner une compétition stérile des territoires et définir un modèle qui jouerait davantage sur la diversification et la complémentarité des fonctions.

C’est d’un projet local efficacement communiqué, avec des objectifs clairs et des meneurs de troupes que naissent les clusters, qu’émerge la circularité, que se combinent les talents, que s’expriment des richesses locales largement sous-exploitées. La communication locale, de la ville à l’habitant, de l’entrepreneur à la ville, de la ville au monde et de l’habitant à l’habitant, est la clé de voute de ce nouveau système car elle seule permet de réunir pour créer, d’informer pour révéler les opportunités, d’attirer les capitaux et une fois encore, de faire rêver.

Chacun a à apporter au projet local ainsi impulsé. Nous les jeunes avons la formidable opportunité de réinventer la ville et sa gouvernance par le biais des technologies, des réseaux sociaux et des plateformes participatives qui nous sont familières. Les anciens ont tout à transmettre de l’histoire des lieux aux propriétés de la terre en passant par les réseaux d’influence. Les entrepreneurs et les actifs ont tout à gagner à proposer des solutions à dimension sociétale et pertinentes à l’échelle locale dans le domaines des achats, de la culture, de l’environnement. Les décideurs doivent à la fois porter le projet en bons visionnaires et organiser la remontée d’innovation en bon managers.
Les villes et villages de demain sont déjà là. A nous tous de les révéler à partir d’un rêve partagé, réalisable et brillamment marketé.