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Léo, Mèl, EcoProd et les autres… (2/2)

Un beau sourire vert-euh, qui manquait sans elle-euh

En France, on ne peut que célébrer le couronnement aux Césars 2016 du documentaire Demain, financé via la plateforme de crowdfunding KissKissBankBank et gros succès au box-office dans sa catégorie.

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Ce projet est le fruit de la collaboration originale entre une jeune actrice, scénariste, réalisatrice touche-à-tout et un jeune scénariste, producteur, directeur d’ONG, activiste nouvelle génération, tous deux bien déterminés à nous révéler des solutions concrètes de modes de vie durables – et kiffant.

Au cours de leur épopée, ils nous font prendre un grand bol d’air à la rencontre d’inspirateurs, des gens comme nous partout dans le monde qui nous montrent que changer pour mieux est possible.

Sur le terrain, Mélanie Laurent et Cyril Dion cassent les codes du documentaire nature traditionnel réservé au club confidentiel des passionnés de la feuille, des émerveillés de l’évolution et des groupies de la copulation inter-coléoptères.

Ces anciens documentaires 0.0 ont leur utilité artistique, photographique, pédagogique, mais leurs messages simplifiants, culpabilisants et dénués de solutions applicables laissent trop souvent le spectateur de bonne volonté désemparé ou gonflé, selon les caractères.

Du coup, merci à Mélanie, à sa blondeur joyeuse et à sa curiosité de tout et merci à Cyril, à sa philosophie du Kaizen et à son expérience de Colibri, pour avoir amené plus de 800 000 français à réfléchir sans stress aux stresses écologiques, aux solutions durables et à l’innovation sociétale à travers un documentaire tour-du-monde-portrait-d’humains aussi punchy que séduisant.

Merci Mélanie, merci Eric, on vous souhaite le million d’entrées.

Et la caméra verte est attribuée à…

Coté cuisine, on se réjouit de l’initiative Ecoprod, des outils développés et de la certification mise en place pour réduire l’empreinte écologique des productions audiovisuelles françaises. Le cinéma a compris que s’il est urgent de rendre le durable glamour, il est non moins urgent de rendre le glamour durable.

Distinguer les réalisations bas carbone dans un secteur émetteur  de plus d’1 million de tonnes de CO2 par an, cela sonne comme une fort bonne idée.

Car un film, ce sont des déplacements, de l’hébergement d’équipes et de célébrités pour le tournage et la promotion, des débauches de matière, costumes, maquillage, décors rarement réutilisés et de l’énergie pour la lumière, la prise de son, l’informatique pour la pré-prod, prod, post-prod, de l’impression de scénars. Et en fin de chaîne, ce sont également des dépenses d’énergie et de matière pour la diffusion sur grand et petit écran.

Aujourd’hui, il devient essentiel de renforcer et multiplier les initiatives comme Ecoprod à l’échelle mondiale. Aux Etats-Unis, les studios prennent peu à peu conscience de l’étendue des économies en dollars que représenteraient la réduction de leur empreinte carbone, le recyclage et la valorisation des « déchets » de tournage – le cinéma est à ce jour la deuxième industrie la plus polluante de Californie…après le pétrole !!!

Mais la transition reste lente et on est loin d’une économie circulaire. Heureusement, des organisations comme la Producers Guilde of America proposent des guides sur le chemin de la production verte avec des outils très concrets de géolocalisation de fournisseurs verts en fonction de l’emplacement du tournage et des calculs de coûts bénéfices à même de convaincre les producteurs les plus rétifs.

Cela bouge aussi côté récompenses, avec le succès des Deauville Green Awards créés en 2011, festival qui compte aujourd’hui plus de  400 films en compétition.

Dans la lignée des Festivals du Film Américain et Asiatique, le Palais des Festivals invite les green réalisateurs de films documentaires, publicitaires et corporate à fouler les planches Deauvillaises pendant deux belles journées de juin, lorsque le Pays d’Auge révèle ses 50 nuances de vert et ses horizons lointains au-delà des collines. Chabadabada.

Les trophées sont de très belles pièces totem en bois brut traitées selon des techniques ancestrales japonaises. Le monde du cinéma saura t-il poursuivre tous ces efforts et mettre à niveau l’or et le végétal dans sa hiérarchie du précieux ?

Dernière réplique en mode Léo

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