IMG_2841

Pocahontas parlait du Nouveau Monde (2/2)

Que peuvent bien avoir en commun des personnages tels que Thomas d’Asembourg, le juriste psychologue belge expert de la communication non-violente, Gro Harlem Brundtland, l’ex-présidente norvégienne de la Commission Mondiale sur l’Environnement et le Développement (CMED) des Nations Unies et Claude Onesta, entraîneur mythique de l’équipe française de handball devenu porte-drapeau du leadership transformationnel ?

Ceux qui ont découvert au tournant de l’année la première partie de notre article le savent. Ces personnes inspirantes, comme toutes celles évoquées dans Pocahontas parlait du Nouveau Monde (1/2), ont la caractéristique d’avoir développé une pensée, un discours, une pratique, une vision que l’on retrouve à bien y regarder entre les lignes de la chanson Colors of the Wind du film animé de Disney Pocahontas, découvrant du même coup toute la richesse de cette fiction pour petits et grands.

Maintenant, repartons une dernière fois, pour le plaisir, pour quelques lignes, à la recherche des traductions modernes de la vision de Pocahontas et complétons par la même occasion pour nous-même notre liste personnelle de personnes inspirantes pour 2018. Et laissons Pocahontas nous convertir en douceur à sa vision stimulante du monde comme elle le fit en 1607 avec l’impétueux John Smith – tel que l’histoire le raconte.

———————————————————————————————————————-

croche| Come run the hidden pine trails of the forest

| Come taste the sun-sweet berries of the earth

Après des considérations essentiellement spirituelles et philosophiques, Pocahontas nous incite ici à l’activité physique en plein air, à l’immersion dans des espaces naturels inconnus et cachés…et se fait ambassadrice avant l’heure de la fameuse campagne française 5 fruits et légumes par jour lancée par le Programme National Nutrition Santé en 2001.

Un vrai mix de conseils Life Style dont la validité est aujourd’hui démontrée par des résultats de recherches tout aussi sérieuses que nombreuses sur lien perpétuel et à double sens entre :

– notre corps et notre mental

mais aussi

–  entre nous (corps-et-mental confondus) et notre environnement.

Les dernières découvertes des chercheurs en nutrition ou en santé-environnement semblent en effet tous nous souffler le credo :

 » un esprit sain dans un corps sain,

un corps sain avec un esprit sain,

…un esprit et un corps sains dans un environnement sain. »

Au-delà des bienfaits de l’activité physique créatrice de bien-être pour le corps et le mental résultant de la production de dopamine et de sérotonine – les travaux menés par l’université finlandaise de Jyväskylä mettent également en évidence les bienfaits du sport sur le développement neuronal des individus. Ils révèlent en effet le développement différencié de matière grise chez des jumeaux d’une même paire pratiquant le sport avec une intensité différente – le plus sportif des deux présentant un développement supérieur. La pratique physique encouragerait donc la neurogénèse (la formation de nouveaux neurones) – notamment dans l’hippocampe, la partie du cerveau responsable de la mémoire et de l’apprentissage.

« Lorsque l’entraînement est régulier, un autre effet, chronique celui-là,s’installe, menant à une amélioration générale et durable de notre mental. »  Charles-Yannick Guezennec, médecin du sport à l’hôpital de Perpignan » (source Comment l’exercice physique booste nos capacités mentales, Sciences et Avenir, 2015)

Ces bienfaits seraient encore décuplés pour toute activité pratiquée dans un cadre nature. D’après les universités de Melbourne (voir l’interview de Kate Lee : Gazing at Nature Makes You More Productive) et de Stanford (voire l’interview de Gregory Bratman), on recense notamment une augmentation des capacités de concentration, de la créativité et de la productivité au travail mais également une limitation de la rumination et de l’activité cérébrale dans les zones du cerveau liées à des pensées négatives.

IMG_4694

Ces sujets passionnants sont notamment évoqués dans Le guide du cerveau du Point, dans lequel on retrouve également la question de l’influence de la qualité de l’alimentation sur le développement de l’intelligence et du bien-être, cette influence révélée au grand public par la jeune auteure allemande Giulia Enders pour qui l’intestin mérite entièrement son nom de deuxième cerveau.

En évoquant les baies sauvages provenant de la terre « sun sweet berries of the Earth », Pocahontas pose quant à elle très clairement le lien entre la qualité de l’environnement et la qualité d’une alimentation, dont dépendent notre bonheur, notre plaisir ainsi que notre capacité à nous surpasser physiquement et intellectuellement. Un lien de cause à effet qui enjoint John Smith et tous lecteur à sa suite à se préoccuper sérieusement de la question de la pollution de notre environnement et de nos nourritures par les perturbateurs endocriniens, phtalates, bisphénol et autres pesticides, en suivant par exemple la façon dont elle est actuellement considérée à l’échelle de l’Union Européenne.

image_schema_conceptuel_cle091573

Source : Dreal Centre-Val de Loire

Alors, Sport + Nature + Alimentation Saine, serait-il le combo idéal pour développer nos différents cerveaux – qu’il s’agisse de la tête, du corps et pourquoi pas du cœur tel que le propose l’écrivain Arnaud Desjardins dans ses écrits sur la pensée védantique millénaire ?

———————————————————————————————————————-

croche| Come roll in all the riches all around you

| And for once, never wonder what they’re worth

 

En incitant son compagnon à oublier pour un instant le prix des richesses naturelles, Pocahontas pose pourtant en creux la question essentielle de la valorisation de ces ressources naturelles, des services éco-systémiques (voir Quand Pocahontas parlait du Nouveau Monde (1/2)) et plus largement des biens communs tels que l’eau, l’air, la biodiversité régis par le principe de gratuité bien qu’ils représentent sans aucun doute nos plus grandes richesses – ce qui n’est pas sans nous rappeler nos vieux cours d’anglais, une langue qui fait bien plus clairement que le français la différence entre riches (richesses) et wealth (fortune).

L’amérindienne se fait ainsi la voix de centaines de nos contemporains, financiers ou économistes innovants de toutes nationalités et pionniers de la comptabilité verte qui consacrent leur carrière au chiffrage de l’impact environnemental négatif des activités économiques à forte valeur marchande ajoutée. Leur objectif premier ? L’intégration dans les comptes nationaux et les documents comptables des entreprises des externalités négatives telles que la pollution, l’appauvrissement des sols etc... pour favoriser une activité économique qui ne soit pas destructrice mais développeuse des systèmes sociaux et environnementaux.

Parmi les travaux les plus accessibles, on trouve notamment :

– Les réflexions Biodiversité et Economie de l’association OREE prolongées dans la thèse de Ciprian Ionescu menée sous la direction de Michel Trommetter

benefices

-L’article universitaire Environmental Accounting for Pollution in the United States Economy qui met en regard la valeur ajoutée économique de chaque secteur d’activité de l’économie américaine et sa contribution à une Nuisibilité Environnementale Brute

Pour les financiers, l’intégration des critères environnementaux et sociaux dans l’activité économique globale avance également grâce à l’émergence des pratiques d’investissement responsable qui conditionnent les investissements financiers à la bonne notation extra-financière des entreprises et permet à l’investisseur d’avoir une approche plus complète du risque de son portefeuille via l’analyse de ses critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG).

Côté entreprises, la valorisation de la richesse des écosystèmes se fait à travers tous les choix du quotidien, des achats à l’innovation en passant par les processus de production. Des guides comme le World Ressource Institute permettent aux décideurs en entreprise d’intégrer l’état et le fonctionnement des écosystèmes dans leur processus de choix, pour pérenniser l’activité économique sur le long-terme (leur permettant par exemple de choisir tel matériau pour un nouveau produit plutôt qu’un autre qui met plus de temps à être régénéré).

Tous ces travaux réfutent bien la croyance selon laquelle nous  pouvons progresser, nous développer et croître en étant décorellés des cycles et des rythmes des autres espèces et ressources dont nous dépendons.

———————————————————————————————————————-

croche| The rainstorm and the river are my brothers

| The heron and the otter are my friends

En appelant « frères » et « amis » les animaux et la flore qui l’entourent, Pocahontas nous explique justement le concept de biophilie avancé par le biologiste Edward O. Wilson en 1984, dans son livre éponyme publié aux Harvard University Press. Et que nous dit-il ? Qu’en raison de notre affinité naturelle avec le vivant, nous humains avons besoin des autres espèces, qu’elles soient animales ou végétales, pour bien vivre, bien guérir et bien travailler. Depuis des chercheurs ont découvert que le seul contact de la terre sur les mains provoque grâce à la bactérie mycobactérium vaccae une décharge de sérotonine, l’hormone de la satisfaction, démontrant ainsi l’effet antidépresseur d’une activité de jardinage. Il a également été démontré qu’un patient ayant vue sur un espace vert recouvre plus vite la santé que celui privé de contact avec la nature. Un fait bien connu de professionnels comme l’infirmière Anne Ribes, auteure de Toucher la terre, jardiner avec ceux qui souffrent, qui fut la première à organiser des ateliers pédagogiques de jardinage en pédopsychiatrie à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière.

thumb-l-association-belles-plantes---des-jardins-a-l-hopital-2958anne ribes

Côté entreprise, la hausse de productivité des travailleurs mis au contact des plantes, d’évocations de la nature ou même d’animaux a également été perçue et mesurée, justifiant ainsi le développement du design biophilique des espaces de travail, c’est à dire la prise en compte du besoin de nature dans la conception de ces lieux de vie. On peut lire à ce sujet le rapport Impact du design biophilique dans les espaces de travail publié sur le blog Human Spaces de la société Interface.

Mieux, d’après l’écologiste australien Richard Fuller, l’impact psychologique positif est proportionnel à la variété d’espèces côtoyées ! Ainsi, à tous ceux qui auraient du mal à percevoir l’importance de la biodiversité pour l’humain, sachez que votre bonheur en dépend.

———————————————————————————————————————-

croche| And we are all connected to each other

| In a circle, in a hoop that never ends

 

Nous voici clairement au cœur du modèle d’économie circulaire et d’écologie industrielle expérimenté depuis plusieurs années en Allemagne et en Chine et depuis le Grenelle de l’environnement en France.

Cette vision circulaire promue par Pocahontas est :

– à l’opposé de la vision linéaire que l’on retrouve partout dans les modèles économiques traditionnels (Acheter –Consommer-Jeter, les 4P du marketing) et des biais de l’obsolescence programmée ou en tous cas non anticipée par les concepteurs de biens

economie-lineaire-vs-economie-circulaire

– en résonnance avec la vision qui sous-tend le Cradle to cradle de William McDonough, une philosophie circulaire du 100% recyclable et réutilisable qui intègre les principe d’éco-conception des produits – concevoir pour durer, pour conserver la qualité et être réutilisé dans une logique zéro pollution (cette vision même qui avait inspiré Ray Anderson d’Interface pour la transformation de son entreprise industrielle contée dans Génialement durable et incroyablement rentable : l’histoire vraie de Ray Anderson)

– en résonance également avec la philosophie japonaise d’amélioration continue dite KAIZEN, traduite en démarche qualité pour l’entreprise par la roue de Richard Deming dite PDCA : Plan-Do-Check-Act

Management-Plan-Do-Check-Act-PDCA-PDCA-Process

En mariant ces deux strophes, Pocahontas souligne que l’émergence massive d’une économie circulaire dans laquelle se lance de plus en plus de jeunes entrepreneurs (voir l’interview du fondateur de la start up Upcycly), dépend de la capacité des uns et des autres à comprendre l’interdépendance des acteurs et des ressources et de l’importance de maintenir l’équilibre fragile dans lesquelles peut émerger la vie – une connexion notamment traduite en éthologie par la pyramide de prédation et expliquée de façon limpide dans cette vidéo pédagogique sur la réintroduction des loups dans le parc national de Yellowstone aux USA.

C’est ce principe d’interconnexion que les boudhistes avaient mis en évidence à travers le principe de non-dualité et d’unité du vivant. C’est encore sur cette notion de bénéfices mutuels que s’appuient les leaders du management transformationnel ou les professionnels de l’art de la négociation.

Cette idée de tout indivisible évoquée par Pocahontas nous évoque par ailleurs les trames vertes et bleues qui permettent de maintenir des continuités physiques et écologiques dans les villes et les infrastructures végétalisées comme les ponts végétaux qui jouent le même rôle dans les zones de campagnes traversées par des axes routiers, des axes physiques, permettant aux animaux – insectes, gibier – et nutriments d’entrer en connexion avec les autres espèces et d’accomplir leur fonction – pollinisation, reproduction – grâce à l’absence de barrières physiques à leur circulation.

continuite_ecologique

———————————————————————————————————————-

croche| How high does the sycamore grow?

| If you cut it down, then you’ll never know

| And you’ll never hear the wolf cry to the blue corn moon

Les connaisseurs de la nature tels que Pocahontas ne vantent pas uniquement les bienfaits écologiques de la faune et de la flore. Ils mettent également en avant l’une des propriétés de la nature la plus importante pour l’homme : sa vertu éducative. Le milieu naturel a en effet une capacité à fournir un nombre infini d’informations en un même lieu, constituant en quelque sorte la plus grande bibliothèque du monde selon l’expression d’Idris Aberkan.

Car quelle loi de la gravité newtonienne sans chute de pomme préalable ? Quelle première maquette d’avion sans la passion de Léonard de Vinci pour les ailes des oiseaux ?

Leonardo wings

Nombreuses sont les théories qui placent le duo Nature-Observation en tête du classement des meilleures méthodes pour apprendre et innover en s’inspirant des formes, matières, fonctions, processus, usages présents dans le système le plus efficient qui soit : le vivant. On compte parmi celles ci les travaux pédagogiques du médecin italien Maria Montessori qui recommande notamment l’immersion en pleine nature des enfants pour un développement physique, cognitif et émotionnel optimal.

S’inspirer de la nature et de ses lois, c’est également ce que fait le mouvement du biomimétisme qui s’est imposé d’abord dans l’art puis dans le design industriel, l’architecture ou encore les nouvelles technologies. Ce mouvement promu par la fondation Zeri (Zero Emissions Research and Initiatives) créée par l’entrepreneur Gunter Pauli, le Steve Jobs du développement durable père du concept d’Economie Bleue,  propose un grand nombre d’éco-innovations, au titre desquelles :

le sonar s’inspirant du système de repérage par ondes sonores et de communication des dauphins,

– la climatisation passive des bâtiments calquée sur le système de thermorégulation des termitières

– ou encore les aiguilles pour piqûres indolores en forme de trompe de moustiques

Pour plus d’information sur le sujet, lire par exemple le rapport du Conseil Economique Social et Environnemental ).

biomimétisme

———————————————————————————————————————-

croche| For whether we are white or copper-skinned

| We need to sing with all the voices of the mountain

| Need to paint with all the colors of the wind

A la fin de son propos, Pochaontas décrit comme un besoin fondamental pour les humains, le fait de mêler les voix et les cultures au lieu de les opposer et de composer au maximum avec les forces en présence pour progresser dans un monde d’interconnexion. Nombreux sont en effet les créatifs dans les domaines de la mode, de la peinture, du design, de l’architecture, de la chanson qui nous ont montré que ce sont des métissages, des traductions et des translations que naissent l’innovation et le véritable progrès.

Prise littéralement, la phrase de Pocahontas « que l’on soit blanc ou cuivré » évoque le magnifique projet Humanae de l’artiste brésilienne Angélica Dass qui a entrepris de recomposer le nuancier de couleur de l’humanité à partir des codes couleur de la marque Pantone.

pantone

Si le monde artistique l’a compris depuis longtemps, le monde de l’entreprise commence doucement à adopter des pratiques similaires en composant des équipes ad hoc en fonction des besoins d’innovation, et en faisant appel à des professionnels a priori éloignés de leur mentalité pour inspirer des équipes présentant une certaine uniformité de savoirs.

———————————————————————————————————————-

croche| You can own the earth and still

| All you’ll own is earth until

| You can paint with all the colors of the wind

Pocahontas conclue son propos en nous invitant à s’intéresser à la valeur immatérielle des choses tangibles, autrement dit à considérer ces éléments intangibles qui augmentent la valeur – et bien souvent le prix – attribuée à leur support tangible. Cette notion d’immatériel à forte valeur ajoutée s’impose de plus en plus dans la société comme dans l’entreprise d’aujourd’hui, en réaction à un matérialisme épuisant pour les hommes et les ressources – selon l’Observatoire de l’immatériel, 86% de l’économie européenne est d’ailleurs immatérielle.

A l’échelle de la société, la notion de sobriété et de nouvelle spiritualité fait son chemin et les individus Y sont de plus en plus soucieux de :

– leur santé,

– de leur temps libre

– et de leurs expériences

des éléments aussi intangibles que précieux qui deviennent de nouvelles données d’arbitrage pour les nouvelles générations.

Côté business on s’intéresse depuis quelques années au capital immatériel et à la valeur qui réside dans des actifs tels que la marque, les relations avec ses clients, les savoir-faire, le capital humain mais aussi dans les économies de ressources et de coûts que peuvent réaliser les entreprises.

land art martin hill

Dans sa dernière strophe, Pocahontas insiste ainsi sur l’inutilité totale du matériel  – ici, la terre – réduit à l’état de poussière et privé de sens sans sa dimension immatérielle. Cette philosophie n’est pas sans nous rappeler la philosophie de l’ESS, cette économie sociale et solidaire qui voit fleurir chaque année de nouvelles startups réellement innovantes et qui n’envisage la création économique qu’au service de la création de l’utilité sociale.

Pour finir, Pocahontas invite tout un chacun à créer avec ce qu’il a à disposition : une posture active en alignement avec le nouvel engouement de nos sociétés pour le Do it yourself et le goût de toute une génération pour la débrouille, pour le faire plutôt que pour le dire et pour…la quête de sens évoquée par Jean-Laurent Cassely dans La révolte des premiers de la classe, métiers à la con, quête de sens et reconversions urbaines (lire aussi à ce propos L’Esprit Y surf sur le Green) et.. en introduction de cet article.

La boucle est bouclée.

Merci à Alan Menken et Stephen Schwartz pour la richesse de leurs paroles originales qui ont résonné si fort pour toute une génération d’enfants

Vous aussi, reprenez un poème, une chanson, un livre d’enfant qui vous a marqué et cherchez le sens derrière les paroles pour dessiner votre propre projet de société.

Une réflexion sur “Pocahontas parlait du Nouveau Monde (2/2)

  1. florence lizé dit :

    Comment ne pas croire à la richesse de la nature quand on a vu quatre petits museaux dans une chambre fascinés par la brune et envoutante Pocahontas et ce qu’il en ressort 18 ans plus tard!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *